De nouvelles pistes de valorisation d’algues brunes

De nouvelles pistes de valorisation d’algues brunes

Jeanne Le Loeuff a fait partie des six candidats retenus pour le prix de thèse 2023 de la Société Française de Génie des Procédés. Ses travaux, soutenus en décembre 2022 à l’IRDL-Pontivy, une des composantes de l’Institut Carnot AgriFood Transtion, portent sur la caractérisation des procédés de séchage de macroalgues brunes en vue de leur valorisation en bioraffinage.

Il y a quelques jours, Jeanne Le Loeuff présentait les résultats de ses travaux de recherche à la Société Française de Génie des Procédés (SFGP) dans le cadre du prix de thèse organisé chaque année. Si elle n’a finalement pas été lauréate, ce fut tout de même pour elle une belle expérience qui venait clore un parcours débuté en janvier 2020. A cette époque, à la suite de son diplôme d’ingénieur, elle commence une thèse sous la direction de Jean-Louis Lanoisellé de l’IRDL-Pontivy, et coencadrée par Viriginie Boy et Pascal Morançais. « C’est peut-être parce que je suis bretonne que je me suis intéressée à la valorisation des algues, explique-t-elle. Travailler sur ce sujet m’est apparu naturel et d’autant plus stimulant que la thèse s’est intégrée dans un projet de l’ADEME intitulé Save-C ».

Porté par le Laboratoire des sciences de l’Environnement Marin (LEMAR), ce projet impliquait l’IRDL-Pontivy, mais également le Laboratoire de Biotechnologie et Chimie Marine (LBCM), autre composante d’AgriFood Transition. L’objectif était de mieux connaître les phénomènes d’échouements d’algues brunes, les sargasses, à l’échelle de la Caraïbe. Il s’agissait également d’identifier des pistes de valorisation pour l’agriculture (biopesticides et engrais verts) et pour l’industrie (bioplastiques et cartons).

Au sein de ce dispositif, Jeanne Le Loeuff a cherché à stabiliser une biomasse qui se dégrade trop rapidement pour être valorisée. « Je suis intervenue sur la partie stabilisation du schéma de bioraffinage qui correspond à une utilisation complète de la biomasse. L’objectif était de sécher les algues sans impacter leur composition pour leur valorisation, tout en ayant des temps de séchage courts et des coûts énergétiques faibles. »

Concrètement, cela a conduit à étudier différents procédés de séchage.

Champs électriques pulsés et jets d’air impactants

Aujourd’hui, le projet Save-C n’est pas terminé, mais la partie stabilisation étudiée par la toute nouvelle docteur/ingénieur en génie des procédés a été menée à son terme. « Nous nous sommes intéressés au prétraitement par champs électriques pulsés, précise-t-elle. Appliqué sur les algues, cette technique permet de désintégrer la paroi cellulaire pour faciliter l’extraction des composés d’intérêt. Ensuite, nous nous sommes également intéressés à l’amélioration du séchage, avec ce prétraitement, car l’éclatement des cellules permet également de soustraire l’eau de la biomasse. »

Un autre procédé innovant a également été appliqué, celui du séchage par jets d’air impactants. Grâce à un prototype installée à Pontivy, dans les locaux de l’IRDL, le séchage a été grandement amélioré. Le procédé consiste à soumettre le produit à des jets d’air aux vitesses pouvant atteindre jusqu’à 35 mètres par seconde.

« Ce sont les deux points les plus innovants de ma thèse, ceux pour lesquels les résultats ont été les plus significatifs », complète la chercheuse. Aujourd’hui, Jeanne Le Loeuff a quitté l’IRDL, pour travailler sur un projet en collaboration avec Upcyclink, une start-up basée dans le Morbihan, et le laboratoire du GEPEA sur le site d’Oniris à Nantes. Elle étudie la valorisation de co-produits issus des agroindustries et plus particulièrement sur les matrices résistantes. De nouveaux projets de R&D se présentent comme autant de défis qu’elle est prête à relever.

 


Regarder la présentation de Jeanne Le Loeuff lors du prix de thèse de la Société Française de Génie des Procédés 2023 : https://youtu.be/dI0BKBFfP9c?t=2415

Plus d’infos : https://www.irdl.fr/