Impact des habitudes alimentaires sur le fonctionnement du cerveau : une piste pour la prévention et le soin des troubles alimentaires

Impact des habitudes alimentaires sur le fonctionnement du cerveau : une piste pour la prévention et le soin des troubles alimentaires

En partant du constat que la prise de poids peut être associée à des anomalies cérébrales, les équipes de NuMeCan, composante de l’Institut Carnot AgriFood Transition, ont conduit une étude pour découvrir comment les habitudes alimentaires influencent le fonctionnement du cerveau lorsqu’il doit prendre une décision alimentaire et plus précisément comment ce dernier gère un conflit entre l’envie de se faire plaisir et celle de manger équilibré.

Comprendre les mécanismes des habitudes alimentaires et leur impact sur le cerveau

Cette étude a mis en lumière qu’une consommation régulière d’aliments gras, sucrés, salés et/ou transformés, caractéristiques de l’alimentation occidentale, modifierait le fonctionnement des zones du plaisir et du contrôle cognitif du cerveau et qu’une forte consommation diminuerait même la communication entre ces zones. Autrement dit, chez des personnes de poids normal et en bonne santé, des habitudes alimentaires néfastes perpétuent un cercle vicieux en favorisant une consommation encore plus élevée d’aliments gras, sucrés, salés et/ou transformés.

La démarche de l’étude

L’étude a fait appel à un panel de 50 étudiantes entre 18 et 24 ans au profil homogène et en parfaite santé, mais aux habitudes alimentaires différentes. Chacune a été soumise à une session d’imagerie cérébrale (IRM) pendant laquelle elle devait choisir parmi plusieurs paires d’images de plats. Deux situations ont été analysées : un choix où les deux plats étaient appréciés de la même façon, et un choix où l’un des plats – que l’étudiante préférait manger – était plus calorique que l’autre. Le but était d’étudier la réponse du cerveau face à un conflit de motivation : celui de se faire plaisir ou de manger sain ou équilibré.

Une perspective pour l’adaptation des parcours de prévention et soin des troubles alimentaires
L’objectif de cette étude est de corréler le comportement alimentaire à des marqueurs d’imagerie et de biologie pour détecter les susceptibilités de déclarer des troubles alimentaires et permettre d’adapter les parcours de prévention et de soins. L’hypothèse formulée par les équipes est qu’une zone du cerveau au niveau du cortex préfrontal jouerait un rôle sur le contrôle de la prise alimentaire. Cela ouvre la voie à la possibilité d’entraîner cette zone pour permettre une meilleure gestion des pulsions alimentaires.
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Porteur du projet :  David Val-Laillet, NuMeCan 

En savoir plus : L’impact des habitudes alimentaires sur le cerveau | INRAE  

Voir aussi : Coquery N., Gautier Y., Serrand Y. et al. (2022). Brain responses to food choices and decisions depend on individual hedonic profiles and eating habits in healthy young women. Frontiers in Nutrition, 9, article 920170. DOI : 10.3389/fnut.2022.920170  


Crédits photos : Pixabay